Publié par  Le collectif de rédaction APRIL  - Créé le  

Diabète et vie professionnelle : les aides et les leviers à activer quand on est TNS

Le diabète touche plus de 4 millions de personnes en France selon l’Assurance maladie : parmi elles, 1,3 million d’actifs qui doivent concilier au quotidien leurs projets professionnels et les contraintes de cette maladie chronique. Cette réalité soulève des questions et difficultés spécifiques pour les travailleurs non salariés : des artisans, des commerçants et des professionnels libéraux menant de front combat contre le diabète et défis entrepreneuriaux, parfois dans un certain isolement. Vous en faites partie ? Nos conseils pour ne pas vous laisser dépasser, et continuer à exercer votre activité tout en prenant soin de votre santé.

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En résumé

  • L’autonomie propre à leur statut d’activité est à la fois une contrainte et une opportunité pour les TNS diabétiques : ils sont certes souvent soumis à une pression professionnelle qui peut peser sur leur équilibre glycémique et moral, mais ils disposent parfois de plus de flexibilité que les salariés pour organiser leur rythme de travail.

  • Concilier activité indépendante et diabète suppose de mettre en place une véritable discipline, et d’intégrer littéralement leur diabète dans leur agenda pro : repas, contrôle de la glycémie, traitement, repos, gestion du stress… 

  • Pour être accompagnés et adapter leur activité, ils peuvent solliciter la médecine du travail comme les salariés, en y adhérant volontairement pour un coût modique d’une centaine d’euros par an. 

  • Le diabète de type 1 et le diabète de type 2 sont reconnus en tant qu’ALD exonérantes* (affections de longue durée), ce qui ouvre des droits spécifiques aux malades concernés, quel que soit leur statut d’activité. 

  • L’ALD n’exonère toutefois pas de souscrire une mutuelle santé, afin de faire face aux frais non pris en charge par ce dispositif.

  • Enfin, la RQTH (Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé) est accessible aux personnes diabétiques dont la maladie impacte l’activité professionnelle, qu’elles soient salariées ou indépendantes. 

Inscrire la gestion du diabète dans son quotidien professionnel pour les TNS

Travail posté ou de nuit, déplacements professionnels avec décalages horaires, temps de pause ne permettant pas la prise de repas équilibrés ou les contrôles réguliers de la glycémie… Certaines conditions de travail ne favorisent pas l’hygiène de vie et l’observance thérapeutique des personnes diabétiques. 

Cette problématique concerne aussi les travailleurs indépendants, qui disposent toutefois d’un moyen spécifique pour la contrer : la possible maîtrise de leur agenda, dont la gestion est souvent moins flexible côté salariés. Cette opportunité est donc à mobiliser dans la gestion de leur temps, notamment en s’efforçant de : 

  • Planifier les contrôles glycémiques comme des rendez-vous : mesures manuelles ou changement de capteur de mesure en continu (CGM), intégrez ces moments dans votre planning professionnel sans les considérer comme des interruptions, mais comme des piliers autour desquels organiser votre calendrier.

  • Sanctuariser les repas : quand on est à son compte, la pression entrepreneuriale peut parfois conduire à sauter ou décaler les repas. Un risque élevé pour un diabétique, mais évitable en bloquant chaque jour un créneau fixe de déjeuner, même lors des périodes de surcharge, et/ou en préparant à l’avance son repas de midi pour être certain de pouvoir manger en cas d’imprévu. 

  • Anticiper les déplacements : emportez systématiquement votre matériel, votre traitement et une réserve alimentaire d’urgence. Si vous conduisez beaucoup, un lecteur de glycémie doit aussi être accessible dans votre véhicule.

  • Gérer le stress activement : conquête de marchés, recherche de financement, gestion administrative, management de salariés… La vie d’indépendant est particulièrement propice à la pression, qui affecte l’équilibre glycémique. Pour favoriser votre contrôle du diabète, identifiez vos déclencheurs de stress et adoptez des réflexes de régulation : sophrologie, activité physique régulière, cohérence cardiaque, plages de déconnexion…

Depuis que je gère mon agenda comme un diabétique et plus seulement comme un chef d’entreprise, tout va mieux. J’ai bloqué mes temps de pause pour le déjeuner, j’ai intégré 3 mini-séquences obligatoires d’exercice physique ou de relaxation dans mon emploi du temps quotidien, que je fais dans ma voiture si je ne suis pas au bureau. Et j’ai programmé des alertes sur mon mobile pour mes contrôles de glycémie, et aussi mes consultations médicales à venir

Conseil APRIL

Rien ne vous oblige à faire part de votre diabète à vos clients ou partenaires. En revanche, si vous travaillez souvent aux côtés de certains collaborateurs ou partenaires récurrents, informer au moins une personne de confiance des signes d’une hypoglycémie et de la conduite à tenir peut s’avérer précieux en cas d’urgence.

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Suivi médical en cas de diabète : quelles solutions pour les indépendants ? 

Les salariés bénéficient obligatoirement du suivi des Services de Prévention et de Santé au Travail (SPST), qui est intégré à leur temps de travail. Un avantage dont ne bénéficient pas automatiquement les actifs travaillant à leur compte : depuis 2021, ils peuvent toutefois choisir d’adhérer volontairement au service de médecine du travail de leur territoire*. Cet engagement est généralement facturé une centaine d’euros environ par an, et leur donne accès à un bilan de santé individualisé, des conseils de prévention adaptés à leur métier, ainsi qu’à des ateliers thématiques organisés au cours de l’année.

Ce soutien est complémentaire au suivi médical personnel indispensable à tout diabétique, assuré notamment par : 

Conseil APRIL

Certains territoires sont dotés de centres pluridisciplinaires de traitement du diabète, libéraux ou hospitaliers, regroupant les différentes spécialités médicales et paramédicales intervenant dans la prise en charge de cette maladie : une concentration qui permet de disposer de tous les interlocuteurs de santé au même endroit, sans risquer de s’éparpiller ou de tarder à prendre un rendez-vous suite une orientation. N’hésitez pas à demander conseil à l’association de patients diabétiques de votre localité. 

ALD, mutuelle, et remboursements des frais de santé : ce que le diabète change

La reconnaissance en ALD : les droits accordés

Le diabète de type 1 et le diabète de type 2 figurent sur la liste officielle des affections longue durée exonérantes (ALD)*. La reconnaissance en ALD est ouverte à toutes les personnes concernées, quel que soit leur statut professionnel, et leur réserve des droits importants* : 

  • prise en charge à 100 % des soins et traitements directement liés à l’ALD (hors franchises, participations forfaitaires et dépassements d’honoraires)  ; 

  • pas de délai de carence en cas d’arrêt de travail lié à l’ALD : vos indemnités journalières (IJ) de Sécurité sociale sont donc versées dès votre premier jour d’arrêt ; 

  • pas d’assujettissement à l’impôt sur le revenu des IJ pour ALD, à la différence des IJ classiques ;

  • jusqu’à 3 ans d’indemnisation possible en cas d’arrêt lié à l’ALD, contre 360 maximum dans le cadre du droit commun. 

La demande de reconnaissance en ALD se fait auprès de votre médecin traitant, qui établit un protocole de soins conjoint avec votre médecin-conseil de l’Assurance Maladie. La démarche est simple et le délai de traitement habituel de quelques semaines.

Ce que l’ALD ne couvre pas : le rôle de la mutuelle

La prise en charge à 100 % des frais de santé dans le cadre de l’ALD ne couvre toutefois pas* : 

  • les soins sans lien direct avec votre diabète ;

  • les éventuels dépassements d’honoraires facturés par les médecins de secteur 2 (que leurs soins soient liés ou non à l’ALD) ;

  • le forfait hospitalier journalier dû en cas d’hospitalisation ; 

  • les médicaments dont le service médical rendu (SMR) est jugé faible. 

Disposer d’une mutuelle individuelle suffisamment protectrice est donc indispensable. Pour souscrire un niveau de garantie adapté, faites une évaluation précise de vos habitudes et de vos besoins, identifiez certaines offres de mutuelle santé, et comparez leur coût-avantages : pour cela, vous devez prendre en considération le coût annuel de chaque offre mais aussi le reste-à-charge qu’elle vous permet d’éviter. Sans oublier qu’en tant que TNS (selon votre statut juridique), vous pouvez déduire vos cotisations santé de votre revenu imposable, dans la limite d’un certain plafond annuel*. 

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Le + APRIL

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La reconnaissance de handicap : un droit souvent méconnu des TNS souffrant de diabète invalidant

Les conséquences du diabète impactent parfois significativement la vie personnelle et professionnelle des malades : fatigue chronique liée aux hypoglycémies, complications visuelles ou neurologiques, contraintes de traitement incompatibles avec certaines conditions d’activité… Lorsqu’elles sont salariées, la reconnaissance de travailleur handicapé (RQTH) leur permet d’accéder à des aides spécifiques afin d’être accompagnées dans l’emploi et la formation, ou encore d’adapter leur poste et leur environnement de travail.

Ce droit vous est aussi si vous êtes chef d’entreprise : vous pouvez en effet prétendre à une RQTH, en déposant une demande auprès des services sociaux de votre département, quel que soit votre statut d’activité (auto-entreprise, SARL, SAS, etc.). Vous serez ainsi reconnu travailleur indépendant handicapé (TIH) et pourrez avoir accès aux mêmes aides dont disposent les salariés, délivrées par l’Agefiph. 

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Diabète et TNS : à retenir

  • Organisez votre agenda autour des repas, des contrôles de glycémie et des temps de repos.

  • En déplacement, prévoyez toujours votre traitement, votre matériel et une réserve alimentaire.

  • Vous pouvez adhérer volontairement à un service de médecine du travail, même en tant qu’indépendant.

  • La RQTH est aussi accessible aux travailleurs non salariés lorsque le diabète a un impact sur votre activité.

  • APRIL propose des garanties santé pour les TNS, avec des cotisations éligibles à la déduction Madelin selon leur statut.

Concilier diabète et vie professionnelle quand on est TNS : vos questions, nos réponses

Dois-je informer mes clients ou l’administration fiscale de mon diabète ?

Non. Votre état de santé est une information strictement personnelle et médicale. Vous n’avez aucune obligation légale d’en informer vos clients, vos partenaires, votre banque ou l’administration fiscale. Seul votre médecin traitant et les organismes de protection sociale concernés (CPAM, URSSAF dans certains cas) peuvent avoir accès à ces informations dans le cadre de vos droits.

Est-ce que la mutuelle santé est plus chère pour les diabétiques ?

Lorsque l’adhésion à un contrat de mutuelle ou de complémentaire santé ne suppose pas de remplir un questionnaire médical, vos antécédents médicaux et votre état de santé actuel n'influent pas sur le tarif de votre cotisation. En revanche, le diabète peut éventuellement entraîner une majoration de cotisation pour risque aggravé si votre assureur exige que vous fassiez une déclaration de santé : le cas échéant, attention à la renseigner avec honnêteté, afin de ne pas risquer l’annulation de vos garanties pour fausse déclaration.

Un diabétique peut-il exercer toutes les professions en tant qu’indépendant ?

En fonction du traitement pris, l’accès à certains métiers peut être interdit — notamment les métiers de la sécurité, avec du travail en hauteur, ou ceux demandant la conduite d'engins ou de poids lourds. Pour les professions réglementées, vérifiez les conditions d’aptitude auprès de l’ordre ou de l’organisme compétent.

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